Dégoûts et des couleurs

Publié le par Pierre Verlet

"On constaterait comment l’art du XVIIIe siècle se cherche à Versailles aux environs de 1690-1700 et combien les travaux de Louis XIV ont favorisé cette évolution.

Le mot de "goût" est difficile à définir. Peut-être la démonstration serait-elle plus nette si l’on notait les traces d’un certain "mauvais goût" dans les premières créations de Louis XIV à Versailles et la disparition de celui-ci par la suite.

La Grotte de Thétis, avec ses "arrosures", ses "pissures" et ses rocailles, n’était-elle pas une oeuvre plus étrange que jolie, plus tournée vers la grosse plaisanterie que réellement plaisante, malgré la beauté de ses sculptures ?

L’arbre de tôle peinte qui formait le principal attrait du bosquet du Marais n’a-t-il pas heureusement fait place aux baldaquins des Bains d’Apollon après 1704 ?

Le Trianon de faïence, plus étonnant que fin, - les façades principales de pierre et de marbre du second Trianon, à la fois riches et élégantes, - la pureté de l’aile de pierre de Trianon-sous-Bois, marqueraient assez bien trois étapes du style de Louis XIV.

Le chemin parcouru par le Roi et par l’art français se trouve résumé dans une remarque du président des Brosses dans l’une de ses lettres d’Italie :

"Vous me demandez, mes amis, si toutes les eaux si vantées des jardins d’Italie valent mieux que celles de Versailles. Non, assurément. Vous voyez qu’il y a ici une quantité de fontaines qui ne sont que de petites minuties.

A Versailles, tout est dans le grand, tout porte le caractère de magnificence qui était le caractère particulier de Louis XIV
". "

"Un goût qui s’épure et se francise", extrait du livre "Versailles" de Pierre Verlet, éditions Fayard, 1961.

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Publié dans Au Chateau

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