Ras le Koons ! A bas le canul'art

Publié le par De Castelbajac

"L’art n’a jamais autant prétendu faire réfléchir que depuis qu’il s’abîme dans une puérilité confondante, à l’instar des variations autour « de l’imagerie de l’enfance » de Jeff Koons.

Réflexion en réalité d’une pauvreté consternante, qui ressasse inlassablement quelques thèmes superficiels – ainsi Jeff Koons dit-il essayer « de comprendre pourquoi et comment des produits de consommation peuvent être glorifiés » (sic):

Un siècle après Duchamp et cinquante ans après Warhol,on devrait pourtant avoir compris !  Méfiance vis-à-vis de celui qui manie des concepts ambitieux , avec d’autant plus d’assurance qu’ils demeurent dans un flou, qui est souvent la seule chose que cette production ait encore d’artistique.

Quasiment pas d’exposition contemporaine qui ne prétende ainsi: “remettre en question notre rapport au temps” ou encore:  “interroger notre perception de l’espace” (???)

Jeff Koons ne fait évidemment pas exception… Mais la plus à la mode de ces tartes à la crème, c’est le fameux “dialogue entre les époques”.

Dialogue dont Koons, après Fabre, va une fois de plus, immanquablement, prouver la stérilité. Car, pour dialoguer, il faut un langage commun: et il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour constater qu’entre les toiles de Le Brun ou de Hyacinthe Rigaud et le Michael Jackson en porcelaine de Koons, il n’y en a aucun dialogue possible;

Et que malheureusement  le "Repas chez Simon" de Véronèse n’a rien à dire au "Balloon Dog" de l’iconoclaste pennsylvanien !

Et réciproquement, que ce dernier n'a rien de nouveau à nous apprendre sur le chef-d’oeuvre du Vénitien.

Comment d’ailleurs serait possible ce dialogue des classiques avec un art qui a fait profession de refuser toute continuité avec eux, et qui ne se souvient pas qu’il a existé quelque chose avant lui ?

A moins que cela ne serve sa propre promotion, lui permettant de forcer un assentiment populaire qui s’est presque toujours refusé à lui ?

« La modernité est un sauve-qui-peut général devant la tradition picturale », écrit Jean-Louis Harouel dans son essai "Culture et contre-cultures" (Puf), un « évitement de l’Oedipe »,  né du refus de se mesurer à ses devanciers. Dès lors, cette confrontation qu’on nous impose, de plus en plus souvent, ne peut avoir que deux objectifs: L’autopromotion ou la désacralisation.

Les deux sont d’ailleurs complémentaires : Car en désacralisant l’art du passé, en le ramenant à une simple “proposition”qui ne différerait pas de nature avec le canul’art qu’on lui juxtapose, on rééquilibre la balance de l’opinion dans un sens plus favorable aux contemporains, par une stratégie qui tient de l’intimidation:

Car si on laisse Koons envahir Versailles avec la bénédiction des plus hautes autorités culturelles et la sanctification des médias, qui se sentira le courage de lui dénier la qualité d’artiste, quand bien même dans son for intérieur il ne verrait dans ses oeuvres qu’un enfantillage de mauvais goût ?"

De Castelbajac
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Publié dans Au Chateau

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N
Cet évènement est valorisant pour Versailles. Jeff Koons a rempli son pari: il fait parler de lui mais surtout de Versailles. Il offre ainsi à notre ville un coup de publicité remarquable: on écrit sur Versailles dans la presse francaise mais aussi étrangère: Versailles fait débat, Versailles bouge, Versailles est insolite et je ne peux que saluer ce dynamisme.<br /> En ce qui concerne les oeuvres exposées: j'aime ses sculptures. Koons fait appel à notre esprit enfantin et il nous replace dans un monde avec des proportions inhabituelles. Pourquoi toujours accuser l'originalité, l'audace, ce qui n'est pas conventionel ?
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