Jeff Koons à Versailles

Publié le par Cyriaque

Du 10 Septembre au 14 Décembre prochain, le Château de Versailles accueillera quelques-unes des oeuvres de Jef Koons.


Un mariage détonnant entre du moderne et de l'ancien !

Extrait d'un article très documenté sur Koons par http://archeologue.over-blog.com:

"Jean-Jacques Aillagon note d'ailleurs un écho entre l'esprit de Versailles et les oeuvres de Koons; Versailles, dans son exhubérance décorative, est baroque et le baroque du XVIIème siècle est le pop art d'aujourd'hui. 

Jeff Koon
exposera à Versailles une quinzaine de pièces à l'extérieur et à l'intérieur du chateau. Ce sera la première grande exposition de l'artiste américain en France. Gageons que la confrontation de Jeff Koons et de Louis XIV, du Grand Siècle et des icônes néo-pop sera étonnante.
Que Versailles retrouve le joyeux délire des fêtes de Louis XIV! Le Roi-Soleil aimait les divertissements baroques, les décors grandioses et éphémères, les déguisements absurdes. Il aimait éblouir et surprendre la cour. Peut-être aurait-il aimé l'extravagance de Jeff Koons ?



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Hulk: Photo Faz        Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud, 1701

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Publié dans Au Chateau

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F
Cet événement ne peut s'analyser que comme une agression d'une violence extrême commise à l'encontre des amateurs d'art et des touristes. <br /> La frustration que subiront les visiteurs peut se comparer à celle d’un mélomane qui, se rendant au concert, le verrait perturber par un énergumène donnant à tout va des coups de klaxons. Vous concevrez son étonnement, puis sa rage, si on lui annonce que le perturbateur a été invité par l’organisateur du concert, de façon à provoquer une « stimulante confrontation »<br /> Rien ne peut justifier une aussi grotesque parodie, si ce n’est une philosophie nihiliste où tout se vaut, où l’immondice le plus vil est l’égal du plat le plus fin.<br /> Il convient encore de relever un abus de langage dans le discours des tenants de cette exposition. Ils parlent d’art contemporain pour désigner ce qui n’est qu’une partie de l’art d’aujourd’hui. De façon totalitaire, les tenants de cet “art” conceptuel, officiel et lourdement subventionné ont prétendu être les seuls artistes d’aujourd’hui, repoussant dans l’obscurité tous ceux qui n’appartenaient pas à leur école.<br /> Si l’on voulait donner un nom d’école à ces artistes qui se disent contemporains, il faudrait les qualifier d’ “urinoiristes” car la paternité artistique dont ils se réclament, c’est celle de l’urinoir de Marcel Duchamp (qui remonte à 1917 : c’est dire à quel point ils sont contemporains).
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H
Je ne crois pas que Jeff Koons fut apprécié du roi soleil. Cet argument est souvent repris par le chateau, mais pour qui se prennent ils? Nommés par la république parlent ils au nom du Roi? La mission des conservateurs est de conserver le chateau pour le bénéfice des générations futures et non pas de faire venir le plus connus des artistes contemporains pour faire mousser leur carrière, ou d'augmenter la valeur des œuvres du patrimoine de M. Pinault par cette expo payée par le contribuable.<br /> L'art contemporain (je préfère le mot d'art pompier comme au XIX pour parler de cet art grandiloquant qui ne vit tant de la commande publique) est totalitaire en cela qu'il a besoin de s'imposer partout et surtout dans des lieux qui ne lui sont pas destinés pour l'acceuillir. Ce ne sont pas les œuvres contemporaines qui ont une valeur intrinsèque, ce sont les évènements autour d'elles (happening dans le jargon). En ce sens, les pièces de JK qui vont nous être imposées (ainsi qu'aux pauvres touristes chinois qui font tant d'effort pour venir à Versailles) sont réellement dans la lignée de l'urinoir de Deschamps.<br /> <br /> J'en appelle aux Versaillais pour qu'ils soient aussi efficaces qu'ils y a 2 ans lors de l'expo Lacroix dans la chapelle du château et que nous trouvions les moyens d'empêcher cette usurpation.
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D
l’art n’a jamais autant prétendu faire réfléchir que depuis qu’il s’abîme dans une puérilité confondante, à l’instar des variations autour « de l’imagerie de l’enfance » de Jeff Koons. Réflexion en réalité d’une pauvreté consternante, qui ressasse inlassablement quelques thèmes superficiels – ainsi Jeff Koons dit-il essayer « de comprendre pourquoi et comment des produits de consommation peuvent être glorifiés »: un siècle après Duchamp et cinquante ans après Warhol,on devrait pourtant avoir compris – et qui manie des concepts ambitieux avec d’autant plus d’assurance qu’ils demeurent dans un flou qui est souvent la seule chose que cette production ait encore d’artistique. Quasiment pas d’exposition contemporaine qui ne prétende ainsi “remettre en question notre rapport au temps” ou “interroger notre perception de l’espace”– et Jeff Koons ne fait évidemment pas exception… Mais la plus à la mode de ces tartes à la crème, c’est le fameux “dialogue entre les époques”. Dialogue dont Koons, après Fabre, va une fois de plus, immanquablement, prouver la stérilité. Car, pour dialoguer, il faut un langage commun: et il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour constater qu’entre les toiles de Le Brun ou de Hyacinthe Rigaud et le Michael Jackson en porcelaine de Koons, il n’y en a aucun; et que leRepas chez Simon de Véronèse n’a rien à dire au Balloon Dog de l’iconoclaste pennsylvanien, ni celui-ci quoi que ce soit de nouveau à nous apprendre sur le chef-d’oeuvre du Vénitien.<br /> <br /> Comment d’ailleurs serait possible ce dialogue des classiques avec un art qui a fait profession de refuser toute continuité avec eux, et qui ne se souvient qu’il a existé quelque chose avant lui que lorsque cela sert sa propre promotion, lui permettant de forcer un assentiment populaire qui s’est presque toujours refusé à lui ? « La modernité est un sauve-qui-peut général devant la tradition picturale », écrit Jean-Louis Harouel dans son essai Culture et contre-cultures (Puf), un « évitement de l’OEdipe » né du refus de se mesurer à ses devanciers. Dès lors, cette confrontation qu’on nous impose de plus en plus souvent ne peut avoir que deux objectifs: l’autopromotion ou la désacralisation.<br /> <br /> Les deux sont d’ailleurs complémentaires : car en désacralisant l’art du passé, en le ramenant à une simple “proposition”qui ne différerait pas de nature avec le canul’art qu’on lui juxtapose, on rééquilibre la balance de l’opinion dans un sens plus favorable aux contemporains, par une stratégie qui tient de l’intimidation: car si on laisse Koons envahir Versailles avec la bénédiction des plus hautes autorités culturelles et la sanctification des médias, qui se sentira le courage de lui dénier la qualité d’artiste, quand bien même dans son for intérieur il ne verrait dans ses oeuvres qu’un enfantillage de mauvais goût ?
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