Interview de François de Mazières par Philippe Holtzer

Publié le par versaillesforever

DEMA-copie-2.jpg"Le journal du Forum a rencontré François de Mazières, 47 ans, adjoint à la culture de Versailles, créateur du Mois Molière. Un parcours étonnant de haut fonctionnaire, ancien sous-préfet, devenu chef de cabinet du ministre de l’économie, inspecteur général des finances, directeur général de la fondation du patrimoine, président de la fédération nationale des collectivités locales pour la culture, conseiller pour la culture du premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et aujourd’hui président de la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Question : Les Versaillais vous connaissent comme le fondateur et directeur du Mois Molière ? Qu’est-ce qui vous a amené à créer celui-ci ?

Quand je suis devenu adjoint à la culture en 1995, j’ai proposé au Maire, M.Etienne Pinte, de créer un festival de théâtre et de musique. J’avais en tête des exemples, tels le festival Mozart à Salzbourg, construits autour d’une figure emblématique de l’histoire d’une ville, qui sont non seulement des événements culturels, mais aussi des atouts maîtres pour le développement économique. 

Je voulais aussi que ce soit un événement familial, qui puisse permettre aux familles de se rendre facilement aux spectacles sans la barrière de l’argent. Comme il fallait faire au mieux avec peu d’argent, je me suis appuyé sur les institutions culturelles de la ville, les nombreuses associations culturelles, notamment les chorales, une étroite collaboration avec le Château de Versailles et bien sûr les bénévoles. 

Le Mois Molière doit beaucoup au caractère altruiste de nombreux Versaillais, une caractéristique de notre ville trop peu valorisée, mais qui définit assez bien celle-ci.

 

Question : Vous avez un parcours de haut fonctionnaire, sous-préfet, inspecteur général des finances. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la culture ?

C’est une passion ancienne et familiale et plus simplement je dirai française. Ce n’est pas pour rien que la France est la première destination touristique au monde. Dans une ville comme Versailles, la culture n’est pas seulement un élément de construction personnelle et d’identité collective, c’est aussi un atout économique. 

C’est même sans aucun doute le premier, si l’on entend la culture au sens large, c'est-à-dire un art de vivre qui englobe un commerce de qualité et de tradition, un excellent système éducatif, un tissu administratif très dense. C’est à cause de cette qualité de vie au quotidien que des entreprises choisissent encore de s’installer à Versailles. Je ne vois en quoi il y a donc contradiction entre une expérience professionnelle administrative et économique et un engagement culturel. Je dirai même qu’il y a une parfaite complémentarité.

 

Question : Vous êtes aujourd’hui à la tête de la Cité de l’architecture et du patrimoine, inaugurée par le Président de la République le 17 septembre dernier. Vous pouvez nous en dire un mot ?

Volontiers. La Cité est un concept nouveau, qui réunit dans un même établissement public à caractère industriel et commercial trois institutions : le musée des monuments français, l’institut français d’architecture, qui assure la promotion de l’architecture contemporaine, et l’Ecole de Chaillot, qui forme les architectes du patrimoine. 

Par sa taille, la Cité est le plus grand musée d’architecture au monde. C’est donc un projet fort qui, comme souvent en France en matière de politique culturelle, est précurseur d’une évolution de la société. Cette évolution, c’est la place croissante des questions liées à l’urbanisme et à l’environnement. 

En France, la crise des banlieues a souligné de façon éclatante l’échec de certains concepts architecturaux. Il faut aujourd’hui retrouver une exigence architecturale, se réinscrire dans un cycle historique positif qui parie sur l’harmonie de nos villes. Il était bon que la France se dote d’une institution de référence qui puisse servir de modèle à l’étranger. 

J’ai été très agréablement surpris de voir que les grandes stars mondiales de l’architecture sont venues à cette inauguration. C’est un signe : la France est encore au premier plan quand il s’agit de culture.


Question : Vous voyez des points communs entre votre expérience versaillaise et cette grande aventure ?


Bien sûr. Vous savez, sans l’expérience concrète du terrain, où le moindre euro compte, je crois que j’aurais été beaucoup moins convainquant à la fois vis-à-vis de mes équipes et de mes interlocuteurs dans les cabinets ministériels et les entreprises. 

Le projet de la Cité de l’architecture et du patrimoine n’était pas loin d’être abandonné quand je suis arrivé à sa tête. J’étais alors conseiller pour la culture et la communication du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin et la mission avait tout du pari. 

En visitant le chantier arrêté du splendide bâtiment de Chaillot, je me suis pourtant dit que dans une carrière administrative un tel challenge était exceptionnel. J’ai tout de même mis plusieurs mois avant de plonger, mais je ne le regrette pas. Ce furent trois années très difficiles mais exaltantes, avec une équipe qui s’est donnée à fond pour sauver le bateau. 

Cette expérience m’a ouvert des horizons formidables. Aujourd’hui, le lieu est devenu l’endroit mode où les grands patrons veulent organiser leurs manifestations de prestige. C’est un beau retournement d’image.

 
Question : Et maintenant, de nouveaux challenges ?

Les plus beaux moments de ma carrière administrative comme d’élu local, je les vis en équipe. Si j’en mène, ils seront toujours collectifs !"

 

Propos recueillis par Philippe Holtzer

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Publié dans François De Mazières

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François DeMazière apporte un nouveau souffle à Versailles. Il est temps d'avoir une équipe jeune, avec des idées et la capacité de les mettre en oeuvre. Bravo ! continuez les Versaillais sont avec vous
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